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François HERVIEU
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La Page blanche,
aventure en steppe kazakhe

2025

Tirages jet d’encre sur papier Fine Art Hahnemühle (Rag bright white - mat), 122 x 76 cm, contrecollé sur Dibond 3 mm, avec barres d'accroche

Il y a quelques années, s'est imposée à moi l'idée de tendre une toile blanche devant un paysage vide et plat, et de photographier l'ensemble. Pourquoi ? Je n'en savais rien alors. Longtemps l'idée est restée en moi comme une coquille vide. 

En art, il faut faire d'abord, et réfléchir ensuite. L'intuition est comme une flèche lancée vers une cible qui serait hors de vue : ce n'est qu'en faisant à pied le chemin parcouru en l'air par cette flèche, qu'on découvre à la fin quelle était la cible, c'est à dire le sens. 

La steppe kazakhe, dont l'attrait remonte à une période encore plus ancienne, était l'espace qui convenait à la réalisation de cette idée. C'était donc l'occasion d'un beau voyage. 

Une fois là-bas, j'ai vu étalée devant moi cette étendue vaste et vide. L'avant-goût d'absolu que procure ce type de paysage me fascine depuis toujours. Sa vacuité, plane et lumineuse, m'a fait l'effet d'une page blanche. Il n'y a rien ; tout est possible. 

Il n'y a rien : la page blanche est une image de la frustration - état constitutif de la nature humaine. Frustration de la page non écrite, de la toile non peinte, de la création inaccomplie, mais aussi de l'horizon dérobé, de l'aventure inassouvie, des aspirations empêchées... 

Mais tout est possible : rien, sur cette page blanche, ne s'oppose à l'apparition de ce qui se trouve en vous. Vous y êtes libre, vous y êtes seul, par conséquent vous y êtes libre avec vous-même. Vous pouvez y déposer vos empreintes vagabondes, qui traceront des lignes, qui formeront des contours, et ce seront vos contours. 

Autoportrait en creux, la Page blanche conjure la frustration en symbolisant celle-ci dans une création bien réelle. Ce faisant, elle exprime le champ infiniment libre des possibles. C'est la mise en image d'une latence, mystérieuse et lactescente. Que le vent souffle un peu sur elle, et elle se transformera en voile, gonflée de toutes les ardeurs, et vous poussant avec l'élan de la confiance vers les horizons désirés.

La steppe kazakhe, en quelque sorte, c'est une page blanche, une page disponible à l'aventure d'un voyage entre le monde et vous-même, une page disponible à l'aventure d'une création. Car en effet, " Un voyage est une création " (André Suarès, Le Voyage du condottière).

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